Quelles cornes d'un remorqueur ?

Mis à jour : févr. 17

Jonathan Mayers | La Nouvelle Orléans


Au début de 2015 – avant mon apprentissage intense du français – j’ai visité le lac Peigneur, à peu près 17 minutes à l’ouest-sud-ouest de la Nouvelle-Ibérie, en Louisiane. J’ai été inspiré d’y aller à cause d’une vidéo du désastre que mon camarade artiste Silas Breaux avait partagé avec moi quèques mois avant. Aussi, je croyais qu’une certaine photo n’avait pas rendu justice à cet endroit ou même l’évènement qui avait eu lieu là. Je connaissais que je voulais passer par les jardins de Rip Van Winkle, mais je voulais faire le tour du lac en traversant Érath et Delcambre sur les bords à l’est et au sud, respectivement.


Après avoir rencontré des habitants, j’ai été invité à rester aussi longtemps que je voulais pour faire ma recherche. Nous avions discuté du désastre qui avait eu lieu au lac dans les années quatre-vingt. Avec mes Delcambre Reeboks (des bottes blanches en élastique), j’ai ramassé de la boue du lac. Après, je m’ai assis sur un bon siège sur la terre pas trop loin de l’eau. C’est là où j’ai peinturé mes premières études et pris des photos de référence du lac Peigneur. Je pouvais voir où se trouvaient les jardins sur l’autre côté du lac. J’ai fini par donner une de ces petites études peinturées-là (photo de couverture) comme cadeau et comme remerciement, bien sûr, à une gentille voisine d’Erath qui célébrait sa fête ce mois-là.


Ça fait, c’était le temps pour partir gouverner vers les jardins Rip Van Winkle sur le bord ouest du lac. En passant devant les magasins sur la route 14 E, j’ai commencé à jongler au chenal qui a renversé de sans tant d’années passées. J’ai jeté la vue au nord et au sud lorsque je traversais lentement le pont au-dessus du chenal Delcambre, épis j’ai cligné des yeux. Rien n’a arrivé à ce moment-là, mais ça m’a choqué . . . l’idée qu’un tourbillon dans le lac pourrait haler l’eau du golfe du Mexique. C’était impressionnant!


Arrivé aux jardins, j’ai descendu de mon Xterra. J’ai regardé le paysage pour voir si je trouverais un autre endroit qui pourrait peut-être m’inspirer, épis j’ai rentré dans le bureau pour acheter ma tiquette (mon billet) pour leur visite guidée. Dans l’habitation, il y avait des vieux tableaux du lac, bien avant qu’il devienne beaucoup plus creux que trois mètres. Ils étiont magnifiques, ces paysages peinturés. La guide et moi, nous avons causé un ‘ti brin après la visite et j’ai dit que j’avais envie de peinturer des images du lac Peigneur peuplé avec des monstres, des bêtes, et des créatures. Elle s’intéressait à mon idée, alors elle m’a souhaité bonne chance pour trouver le lieu le plus inspirant.


Je profitais des jardins, des arbres, des statues, des bambous, épis tout d’un coup, la cheminée qui faisait partie d’une maison à l’époque a apparu devant moi dans le lac. Bien intrigué, j’ai marché près de la structure. Cependant, trop de monde a déjà vu ce symbole de la destruction du lac, alors j’ai continué à chercher un bon lieu. Vers le bord nord de la propriété, il y avait une coulée (et peut-être une petite clôture, mais ça m’échappe en ce moment) que j’ai sauté par-dessus. Pour atteindre une « falaise » qui n’était pas plus que trois mètres de haut, ça qui m’a rappelé l’ancienne profondeur du lac.


Je m’ai promené sur la « falaise ». Cette fois-ci, j’avais laissé mes peintures dans mon char, alors j’ai commencé à prendre des photos. En face de moi, c’était le lieu sur le bord est du lac où j’étais ce matin-là. On entendait rien sauf que le vent et le son d’un petit poutchoume dans l’eau. Drète-là, les poteaux de téléphone, la vieille jetée, l’air frais et froid, tout ce qui se présentait là m’a inspiré à créer un tableau et un court récit du genre fantastique. C’était Une Journée Calme au Lac Peigneur.


Ce tableau a était exposé dans Du Bassin Sauvage, une exposition en groupe avec Gabrielle Savoy, à Cité des Arts à Lafayette, en Louisiane, pendant le Festival International de Louisiane 2015. Je le considère comme le précurseur de Cornes de Brouillasse venant du Lac Peigneur, qui se trouve dans Mythologies Louisianaises (p. 42-45) et La Bastringue dans Résonance.



Jonathan « rat de bois farouche » Mayers. Une Journée Calme au Lac Peigneur. Acrylique et sédiment du Lac Peigneur sur panneau. 23 x 30.5cm, 2015. (Image fournie par l’artiste)

Une Journée Calme au Lac Peigneur

written by Jonathan J. Mayers


It’s such a beautiful day out on the calm waters of Lake Peigneur. The chilled air tickles as it passes over flesh and fiber. The knotty manta rays glide effortlessly through the water. A Green Guedry mimics them while another enjoys the view of the once shallow lake.


“How wonderful! That sound of a tug boat horn!”


“Non, cher . . . those are muffled wails from beneath them murky depths.”



Une magnifique journée sur les eaux calmes du Lac Peigneur. L’air frais chatouille en passant la peau et la fibre. Les raies manta noueuses fendent l’eau en glissant sans peine. Un Guédry vert les imite tandis qu’un autre admire la vue sur ce lac autrefois peu profond.


« Quel bonheur, cette corne d’un remorqueur qui se fait entendre! »


« Non, mon cher . . . ça, c’est les gémissements étouffés qui viennent des profondeurs obscures. »


Traduction faite par JXB. Éditée par Jonathan Mayers.



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Voici son profil Instagram : @feral_opossum

Et son Twitter : @jonathanmayers


Crédit photo de couverture : Jonathan Mayers

Édité par Justin Robichaud


drète = directement

un poutchoume = une éclaboussure, un plouf


Édité le 17 février 2020: Changement de format des micro-contes.

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